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Youssef Swatt’s une plume soignée et des textes forts,

Youssef Swatt’s une plume soignée et des textes forts,

 

On le sait maintenant. En ce qui concerne la scène rap, la Belgique regorge de talents et elle n’a sûrement pas fini de vous surprendre. 

Avec une plume soignée et des textes forts, Youssef Swatt’s a tout pour s’imposer dans le milieu. Le jeune rappeur surdoué, qui, en parallèle de la musique, gère son propre label et anime divers ateliers d’écriture, vient tout juste de dévoiler ce vendredi 3 avril un nouveau projet.Le bien nommé Poussières d’espoir.

Youssef Swatt’s Un projet profond où l’artiste se confie, partagé entre les rêves et la parfois dure réalité de la vie, réalisé en commun avec le beatmaker El Gaouli.

 

| Qui es-tu ?

Youssef Swatt’s| Je m’appelle Youssef Reziki ! J’ai 22 ans et quand j’étais petit je voulais “raconter des histoires”. C’est plus ou moins ce que je fais aujourd’hui !

D’où viens-tu ?

Ma famille est d’origine algérienne. J’ai grandi à Tournai en Belgique et je vis à Bruxelles depuis quatre ans.

Où et quand es-tu né ?

 Je suis né le 8 février 1998 à Tournai.

Quand et comment as-tu commencé la musique ?

J’ai commencé à écouter du rap français avant même d’apprendre à écrire. Donc mon envie de faire de la musique date d’il y a vraiment longtemps. Du coup, je suis tombé dans la musique très jeune. J’ai commencé à monter sur scène vers 13-14 ans et j’avais 15 ans quand j’ai sorti mon premier EP.

Qu’est-ce que tu fais en parallèle à la musique ?

Je suis étudiant en communication et je bosse en parallèle en tant que chef de projet dans une agence de communication, à Bruxelles. À côté de ça, j’anime beaucoup d’ateliers d’écriture dans différents milieux (prisons, maisons d’enfants, centres psychiatriques, maisons de jeunes, etc.)

© Valentin Delaunoy

Mr Youssef Swatt’s Quelles sont tes influences musicales ? 

J’ai passé une grande partie de ma vie à écouter du rap français, depuis très jeune. Donc à l’époque, principalement Sniper, Psy 4 De La Rime, Youssoupha, Disiz, Kery James, Keny Arkana et des centaines d’autres artistes qui m’ont bercé ! 
Aujourd’hui, j’écoute un million de choses différentes. C’est dur de choisir, mais voilà les 10 artistes que j’ai le plus écoutés sur Spotify dernièrement : Billie Eilish, Ninho, Michael Kiwanuka, Kanye West, Cheb Hasni, Disiz, Lost Frequencies, J. Cole, Dinos, Jessie Reyez.

Côté belge, je suis trop fier de ce qui se fait et je m’en inspire énormément. Des plus gros artistes que vous connaissez tous, à celles et ceux qu’il faut absolument découvrir : Scylla, Convok, l’Hexaler, Seyté, Isha, Ritchy Boy, Ana Diaz, Coline & Toitoine. En vrai j’en ai trop, faut que je vous fasse une playlist !

Comment as-tu été découvert ?

Un jour, il y avait une séance de dédicace du rappeur Scylla dans ma ville. J’avais 14 ans et à l’audace j’ai lâché un freestyle devant lui ! La vidéo a été mise en ligne et j’ai été contacté par Deparone, un grand monsieur du rap belge qui voulait me donner de la force. Du coup, j’ai eu l’honneur d’initier le concept de “Poignée de punchlines” et c’est vraiment ce qui m’a propulsé d’un coup !

Ta musique oscille entre rap conscient et rap à l’ancienne : comment pourrais-tu définir ton style musical ?

En vrai j’ai toujours eu du mal à coller des étiquettes sur de la musique, en particulier dans le rap qui, aujourd’hui, s’est vraiment diversifié. J’ai toujours privilégié le fond à la forme. Ça doit s’entendre assez facilement [rires]. Mais je préfère le définir comme du “rap où on ne met rien après”, comme dirait Nekfeu.

Tu viens de sortir ton album Poussières d’espoir  ? Comment l’as-tu conçu ?

C’est un album commun que j’ai entièrement réalisé avec le beatmaker El Gaouli. Pendant deux ans, j’ai pris le bus de nuit entre Bruxelles et Paris plusieurs dizaines de fois pour enregistrer l’album. Avec 9 heures de trajet aller-retour, ça me laissait le temps d’écrire sur la route (c’est surtout que le TGV ça coûte trop cher). C’est la première fois que je conçois un album avec quelqu’un de A à Z et c’est vraiment une expérience enrichissante. Au-delà du travail et de la musique, c’est surtout une belle aventure humaine.

© JuPi

Et justement, quels sont les principaux messages d’espoir que tu veux faire passer ?

Jacques Brel disait : “Je ne délivre pas de messages. Pour ça, il y a les facteurs”. Je pense que c’est assez prétentieux pour moi de dire que je viens passer un message. Disons que la musique me sert juste à exposer un certain point de vue, à me confier comme à un journal intime, à parler de choses qui m’inspirent.

Après les gens peuvent en faire ce qu’ils veulent. Peut-être que ça leur apportera de l’espoir. À l’inverse, peut-être que ça leur donnera des idées noires, je sais pas trop ! En vrai ces “poussières d’espoir” que sont mes morceaux : soit elles viennent éclaircir les taches noires que t’as dans la tête, soit elles viennent les assombrir s’il s’agissait de taches de couleurs, à toi de voir !

Tu as été à l’affiche de plusieurs festivals et même au Sénégal, qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Monter sur scène, c’est la plus belle chose que la vie m’ait offerte ! Pouvoir voyager avec mon équipe et vivre des moments uniques avec le public, ça m’a vraiment fait grandir. Et puis, de s’envoler vers l’Afrique pour un concert c’est également une chance incroyable. Le Sénégal c’est une expérience musicale et humaine incroyable. J’ai rencontré des gens passionnants et on prévoit d’ailleurs d’y retourner bientôt.

Dans ton morceau “Un Jour”, tu dis : “Tous ceux qui lisent entre mes lignes et puis les artistes qui m’inspirent, un jour j’arrêterai le rap, mais j’arrêterai jamais d’écrire.” C’est comme ça que tu envisages ta fin de carrière, peut-être d’écrire pour les autres ?

Cette phrase, je l’ai reprise du morceau “Poids Plume” de Youssoupha. Dans mon cas, je veux surtout dire qu’un jour le rap m’aura sûrement comblé ou au contraire trop frustré. En tout cas, j’espère que je m’arrêterai au bon moment. Mais l’écriture à proprement parler, je ne saurai jamais m’en passer.

J’ai trop envie d’écrire pour d’autres supports, m’orienter pourquoi pas vers la fiction, le cinéma, la littérature… J’ai déjà eu des propositions pour écrire pour d’autres artistes. C’est super intéressant mais c’est un exercice que j’ai du mal à réaliser pour l’instant.

© Alexinho Mougeolle Youssef Swatt’s 

Tu voulais devenir écrivain. Qu’est-ce que tu préfères, finalement, dans l’écriture des textes et dans le rap, plutôt que dans l’écriture de livres ?

J’écris un peu de fiction, de pensées et d’autres choses qui n’ont rien à voir avec le rap, donc je compare toujours les deux univers. Pour moi ça se partage. Je préfère l’écriture au sens large, parce qu’elle est plus libre et que j’ai du mal à me limiter “techniquement” au format musical de l’écriture.

Mais le rap pour moi est beaucoup plus puissant dans la phase d’interprétation. Pouvoir partager ce qu’on écrit sur scène, créer des musiques qui ont une âme, transmettre une émotion avec sa voix, pour moi ça dépasse tout ce qu’il y a derrière.

Dans ton morceau “Aleph” tu dis : “depuis que je me prends pour un rappeur je rappe beaucoup moins, voilà le paradoxe”. Tu peux nous expliquer cette phrase ?

Mes meilleurs amis me taquinent souvent sur le fait que je ne rappe plus tout le temps et partout comme à l’époque. Quand j’étais plus jeune, je freestylais dans la rue à toute heure, peu importe si on était 3 ou 30.

Depuis que les choses sont plus “sérieuses” je suis devenu un peu réservé. Mais je n’oublie pas d’où je viens : mes meilleurs concerts étaient sur la Place Saint-Pierre, sans micro, sans scène et sans basse [rires].

Comment tu juges ton évolution depuis ton premier EP L’Amorce dévoilé à l’âge de 15 ans, à maintenant ?

Je pense (ou j’espère) que j’ai appris à explorer d’autres univers musicaux et à créer des morceaux du début à la fin. Quand j’étais plus jeune, je faisais vraiment ça sur un coin de table. Mais j’en suis fier, ça a son charme ! Je pense que l’évolution principale se voit surtout sur scène où j’ai vraiment acquis de l’expérience.